dimanche 28 mars 2010

Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton




Un nouveau Tim Burton pour moi, c'est un peu comme un cadeau de Noël en avance. Je me renseigne d'abord, j'essaie de deviner ce qu'il va contenir selon les acteurs et l'histoire des mois à l'avance, j'ai les yeux qui s'illuminent et les jambes qui frétillent d'impatience quand la date de sortie approche et quand je le vois, c'est l'extase totale. Pourtant, dès la bande-annonce d'"Alice au Pays des Merveilles", j'avais un doute. Déjà, c'est produit par Disney. Disney c'est bien pour les dessins animés mais pour un vrai film, c'est déjà moins alléchant (Hormis "L'étrange Noël de Mr Jack" bien sûr, je connais mes classiques, ne ruez pas direct dans les brancards). Mais bon, Lewis Carroll et Tim Burton, même combat, une imagination hors du commun au service de la population alors finalement, y'avait de quoi être tenté quand même. Pleine de bonnes intentions, je suis venue, j'ai vu et j'suis repartie déçue et en colère. (OUAIS CARREMENT, j'suis un peu extrême comme fille)

Même si ça me fait mal au plus profond de moi, il faut le reconnaitre, ce film n'est pas un film, c'est un gâchis sans fin. Un gâchis de la matière du scénario, l'original de Lewis Carroll et un gâchis du talent infini de Burton.

Alice à aujourd'hui 19 ans et se sent enfermée dans une société de normes qui ne lui correspond pas (snif snif la pauvre). Elle retourne alors dans le monde fantastique qu'elle avait visité lorsqu'elle était une petite fille et va devoir accomplir son destin: mettre fin au terrible règne de la Reine Rouge.
Jusqu'ici tout va bien. On pense même que tout le génie de Tim Burton a trouvé la matière qui lui correspondait le plus pour travailler mais niet, pas de ça mes jolis.

La première heure de film est chiante comme la pluie. On suit Alice qui est de retour au Pays Merveilleux, wouhou, que d'action! En somme, il ne se passe strictement rien. Si encore on se laissait entrainer par les décors, mais là aussi il y a un hic: c'est moche. Nan franchement, c'est pas de la mauvaise volonté, j'ai adoré la forêt gothique dans "Sleepy Hollow", j'ai applaudi aux décors lumineux de "Big Fish", j'ai même aimé la cascade de chocolat dans "Charlie et la chocolaterie" alors que beaucoup l'ont jugée affreuse mais là, non, c'est non. Les couleurs sont plus fades tu meurs, tous les décors ou presque sont faits avec des effets spéciaux (il faut rentabiliser le fond vert les gars!).

En même temps, en parlant de fade, c'est le meilleur adjectif qu'on puisse trouver pour décrire l'interprétation de Mia Wasikowska, qui interprète Alice. Plus inexpressive tu meurs, j'avais envie de lui coller une belle paire de claques pour qu'elle se réveille un peu. Même en Jeanne D'Arc (ah ouais, c'est pas ça la référence? Autant pour moi) qui combat le dragon, elle est loin d'être crédible. Anne Hathaway, n'en parlons pas, elle a autant de grâce qu'une pintade et peut elle aussi concourir à "Qui est la plus niaise du film?".
Il ne reste que Johnny Depp et Helena Bonham Carter pour relever le niveau mais ils font ce qu'ils peuvent et même eux restent bien ternes au milieu de cette débacle. (Et c'est quoi cette danse du Chapelier à la fin? C'est loin d'être drôle, c'est juste affligeant.)

Quant à la BO, c'est un Danny Elfman en petite forme que l'on retrouve ici. Bon, ça reste Danny Elfman alors je le respecte quoiqu'il fasse, je l'aimerai toujours depuis la BO des "Noces Funèbres" mais il manque quelque chose, LE truc qui fait qu'on garde la musique du film dans la tête longtemps après être sorti de la salle.
En plus, Disney, ils sont forts pour plomber ENCORE PLUS un film. Non contents d'avoir organisé un gâchis de talent pareil (Oui parce que à la base Burton + Depp + Elfman = Ma Sainte Trinité, alors C'EST DECHIRANT, OUI MESSIEURS DAMES et non, je n'en fais pas trop), ils enfoncent le clou en mettant AVRIL LAVIGNE en générique de fin. Oh eh oh eh capitaine abandonné, arrêtez le massacre!


Le seul VRAI bon point que j'ai trouvé, c'est les costumes. Ah là, rien à dire. Ils sont sublimes, comme d'habitude, autant les différentes robes d'Alice que celle de la Reine de Coeur ou le costume... Très coloré du Chapelier.


Bref, si vous ne voulez pas avoir le coeur brisé par un gâchage (oui ça se dit) de talent pareil, n'allez pas voir ce film. C'est plat, moche, sans intérêt ou alors si vraiment vous vous dites que c'est quand même un Tim Burton, qu'il faut le voir contre vents et marées, allez-y mais ne payez pas la 3D. Aucune utilité de tout le film, si ce n'est peut-être pendant les 10 dernières minutes.
Une énorme déception, qui apporte beaucoup de questions sur un réalisateur de génie, qui se considère comme hors-norme mais qui au final rentre de plus en plus dans le rang. Et d'ailleurs, c'est l'année où celui-ci sort son film le plus ordinaire qu'il est nommé président du jury du Festival de Cannes, le festival le plus coincé qui existe, c'est bien connu.
Tim Burton rentre dans les normes et ça fait mal, très mal. En espérant qu'il s'en rendra vite compte et qu'il remonte cette mauvaise pente dans ses films à venir. Mais rien n'est moins sûr.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire