dimanche 12 février 2012

Tucker and Dale vs Evil d'Eli Craig



Qui que quoi dont où comment? Tucker and Dale vs evil (rebaptisé de manière toujours plus ridicule par l'adaptation française "Tucker and Dale fightent le mal) a débarqué dans les cinémas français?
Comédie horrifique ayant fait le tour des festivals avec succès, obtenant peu à peu le statut de comédie culte, on peut enfin féliciter les distributeurs français d'avoir pris le risque de sortir ce gros délire sur les écrans.

Vous connaissez tous cette histoire: un groupe d'ados débiles, défoncés et peu pudiques, se font une virée en forêt. Le moment vient où il faut s'arrêter à une petite station service glauque pour acheter des bières, et le petit groupe rencontre alors quelques autochtones du coin. Chemises de bûcheron, barbes et casquettes moisies sont alors de rigueur. Le petit groupe reprend la route, prépare son campement dans une joie alcoolisée lorsque, autour du feu de camps habituel, le beau gosse de la bande raconte l'histoire d'un massacre ayant eu lieu 20 ans auparavant dans ce même endroit. Plans rapprochés sur les visages effrayés de la bande, qui se remettra très vite de sa trouille à l'idée de prendre un bon bain de minuit.

Pas besoin de vous raconter la suite, tant elle a été déclinée dans une fournée de films (bons ou mauvais): les fameux Vendredi 13, Délivrance, Massacre à la tronçonneuse et autres Détour Mortel (ils en sont au numéro 17 nan?), tous épinglés "Survival", ont joyeusement décortiqué tous les mécanismes de ce type de films d'horreur. Alors comment le premier film d'Eli Craig réussit-il à faire le buzz en présentant un modèle si éculé?

L'idée de Craig est donc toute simple. Au lieu de s'attacher à la bande crétins partie forniquer dans les bois, celui-ci préfère s'attacher aux deux bouseux de départ, Tucker and Dale, qui, une fois n'est pas coutume, n'ont strictement rien à reprocher à la bande de jeunes. On les découvre donc tranquillement sur le point de prendre des vacances, au calme, entre potes, quand, lors d'un quiproquo habilement trouvé, le groupe de jeunes va être persuadé qu'ils sont des psychopathes égarés à la recherche de nouvelles victimes.
Tous les clichés les plus célèbres se retrouvent donc inversés et plus la bande de cas soc cherchera à se défendre, plus les morts se succèdent. Tucker et Dale se persuadent que des jeunes se sont regroupés pour se suicider collectivement pendant que ces même jeunes cherchent un moyen de se débarrasser d'eux avant qu'ils ne les tuent!

Les références pleuvent alors à foison, constituant 1h20 de bonheur intense à tout fan de films d'horreur qui se respecte, les scènes sont plus burlesques les unes que les autres, tantôt (en vrai, j'ai 87 ans) comiques, tantôt adorables, avec ces deux lourdauds plus attendrissants que jamais, à la manière du duo qu'incarnaient Simon Pegg et Nick Frost dans Shaun of the dead. La complicité de Tyler Labine et Alan Tudyk crève l'écran et ils font désormais partie des duos les plus cool du cinéma.

Sous le couvert d'une comédie d'horreur fun et décalée, Eli Craig nous transmet aussi une vrai passion pour ses deux personnages principaux, avec une pointe de critique sociale pertinente, sur le regard superficiel de la société d'aujourd'hui. Avouez-le, qui auriez-vous tendance à croire dans une situation pareil? Le beau gosse coiffé à la Bieber ou les deux gros lourdauds avec un rire de psychopathe?

Malgré sa redondance au niveau du scenario, Tucker and Dale vs evil fait partie de ces comédies réjouissantes, qui se sert de ses modèles pour mieux les contourner, en pensant toujours à son public et à ses attentes, sans jamais se moquer de lui, pour lui donner envie de voir et revoir le film en boucle.
Le projet d'Eli Craig étant de décliner ses personnages dans une série de détournement du film de genre, on ne peut qu'être impatient à l'idée de revoir un jour ce duo improbable sur grand écran.

Tucker and Dale vs evil, c'est une comédie culte instantanée et ça vaut laaaaargement le coup d'oeil. Précipitez-vous si vous avez le bonheur d'avoir une séance près de chez vous.

samedi 21 janvier 2012

The Muppets de James Bobin




Enfin, The Muppets débarque... En Allemagne! Eh oui, malgré la mobilisation des fans français et le succès du film aux Etats-Unis (Rotten Tomatoes lui donnant un tahttp://www.blogger.com/img/blank.gifux de satisfaction de 96%), la France reste toujours à la traine niveau date de sortie. En sachant que la plupart des bons films actuels ne sortent chez nous qu'en dvd, il ne nous reste qu'à croiser les doigts pour que Disney France soit moins frileux et ose enfin nous distribuer le film sur grand écran (le pourquoi du comment? Je vous renvoie au très bon article de Chronique Disney sur le sujet ici: http://www.chroniquedisney.fr/grenier/billet102.htm).

Dans une société actuelle où les enfants ne voient que par les bidons de lessive beaufs de Michael Bay, par les suites de films plus grotesques les unes que les autres, bourrées d'effets spéciaux ridicules afin d'attirer tout chaland qui se respecte, The Muppets est exactement le remède que l'on attendait. On a rarement vu une plus grand déclaration d'amour à l'enfance que celle portée à l'écran par Jason Segel et Nicholas Stoller.

Le début du film nous apporte une bien triste nouvelle: Les Muppets ont éventé leur succès, sont devenus has been et le groupe joyeux s'est définitivement séparé. Un investisseur diabolique, Richman (Chris Cooper) veut profiter de l'occasion pour récupérer les anciens studios et les raser car ceux-ci cachent un puits de pétrole souterrain. Les Muppets ont donc quinze jours pour réunir dix millions de dollars pour sauver leur théâtre. Réunis par leur plus grand fan, Walter, aidé par ses amis Garry (Jason Segel) et Mary (Amy Adams), ils vont tenter de relever le défi malgré une grosse contrainte: est-il encore possible de divertir les familles par des blagues et des chansons lorsque le public s'est habitué à des programmes violents et crétins?

Au premier abord, le scénario est simple, parait trop bien pensant pour être véritablement honnête. Pourtant, le tout fonctionne de manière admirable, même sans particulièrement être connaisseur du monde des Muppets. Les personnages sont adorables et particulièrement bien écrits.
La relation entre Walter et Garry peut facilement être mise en parallèle avec celle qui unissait Andy et ses jouets dans Toy Story. Ils sont attachants car on peut se reconnaitre totalement en eux: le désir de ne pas grandir, de ne pas s'engager dans la vie active par peur de l'échec, qui ne les a pas connus? Amy Adams est quant à elle toute aussi rayonnante que dans "Il était une fois", c'est un vrai plaisir de la voir évoluer ici. Les nombreux cameos, tous plus jouissifs les uns que les autres, sont un vrai bonheur à voir (ma préférence allant à celui de la chanson "I am a man or a muppet", parce que The Big Bang Theory est une des séries les plus drôle du monde) (SI).
Mais la plus grande réussite réside dans le fait que ce ne sont pas les acteurs "réels" qui sont ici les plus importants, le point fort du succès du projet résidant dans l'esprit d'équipe des Muppets, qui doivent montrer à quel point ils ont besoin d'être tous ensemble pour trouver leur motivation et réussir.

Sous le couvert d'une comédie musicale gentillette (la bande originale étant par ailleurs tout aussi excellente que le reste du film), The Muppets est un véritable vent de fraîcheur dans l'industrie cinématographique familiale, renouveau qui n'avait pas été aussi agréable depuis... Raiponce (eh oui, encore du made in Disney, les enfants). Définitivement émouvant par sa volonté nostalgique de faire revenir le divertissement familial à son niveau d'excellence, le film vous donnera envie d'avoir à nouveau 8 ans, de chanter dans des costumes colorés, de rire aux blagues déjantées de Kermit et de tous ses amis, bref, de faire revenir l'enfant qui sommeille en vous.

Et si vous ne trouvez pas cette envie brillante, je ne peux plus rien faire pour vous à part croiser les doigts pour que cette joyeuse troupe débarque le plus vite possible en France au cinéma, puis en dvd.

Une parenthèse de légèreté et de bonheur comme celle-ci devrait inspirer tous les scénaristes et producteurs pour qu'ils relèvent le niveau médiocre de nos grands et petits écrans.

vendredi 13 janvier 2012

Sherlock Holmes 2: a Game of Shadows de Guy Ritchie



Comme je n'ai absolument pas tenu mon programme publié fin Novembre, j'ai décidé de vous poster une exclusivité, histoire de montrer que je suis une personne sérieuse (haha). Sherlock Holmes 2 étant sorti le 22 Décembre en Allemagne (ah le bonheur des décalages de dates de sortie...), et qu'il est quand même attendu assez impatiemment, l'occasion est plus que bonne.

Avec le premier film, Ritchie faisait un pari risqué. Toucher à un mythe de la littérature anglaise, en voulant le transformer en gros blockbuster, avec un Holmes d'origine Américaine plutôt célèbre pour ses frasques que pour son talent, il y avait de quoi craindre la catastrophe.
Pourtant, miracle, en voyant le film, on se rend compte que le mélange fonctionne à merveille. L'alchimie entre Robert Downey Jr et Jude Law est évidente, la psychologie du personnage principal est plutôt respectée, les décors impressionnats et le rythme assez entrainant pour que le spectateur passe un très bon moment sans s'arrêter sur les détails incohérents (une énième histoire d'amour Holmes/Adler, un très gros raccourci entre le Parlement et le Tower Bridge, le système d'ondes radio qui n'existait pas à l'époque), sans parler de la musique d'Hans Zimmer, toujours aussi envoûtante.
Tous les espoirs étaient donc permis pour le second volet dont la bande annonce promettait un cocktail d'action, des piques entre Holmes et Watson, une gitane enigmatique mais SURTOUT la rencontre avec Moriarty, l'ennemi numéro 1 du détective.

Malheureusement, l'espoir n'est que de courte durée. Malgré une introduction plutôt réussie où l'on retrouve Robert Downey Jr au sommet de sa forme, cabotinant plus que jamais, et une Irène Adler attachante, la suite ne parvient jamais à la hauteur du premier épisode.
Ritchie s'est donné pour guide de reprendre tout ce qui avait fonctionné précédemment mais en les accentuant de manière beaucoup trop forte. Les personnages ne deviennent que des caricatures grossières. Ainsi, la relation Holmes/Watson est tellement accentuée sur le côté "gay" qu'elle en devient agaçante. Quant au détective, on nous le présente de façon tellement ridicule qu'il n'aspire plus aucun respect. Où sont les déductions impressionnantes, le côté sociopathe ou même le violon ou la cocaïne (eh oui)? Holmes n'est plus qu'un bouffon qui se déguise pour faire rire le public, jamais brillant, jamais attachant. On ne peut nier la bonne volonté de Robert Downey Jr à vouloir créer un personnage de blockbuster crédible, son plaisir à jouer Holmes étant évident à l'écran, mais ce que lui et Ritchie n'ont visiblement pas compris, c'est que Holmes n'est pas destiné à vouloir être populaire.

Il n'est cependant pas le seul personnage à être ruiné dans cet épisode puisque Watson est lui aussi réduit au clown de service, qui ne sait plus faire que boire et danser avec autant de grâce qu'un poulpe. Jude Law et Noomi Rapace, forment les deux seconds rôles pratiquement transparents tant leur inutilité est visible, particulièrement pour la deuxième. La présence d'un personnage féminin est apparemment obligatoire à l'affiche de ce type de film pour marcher mais ce n'est certainement pas avec ce rôle insipide qu'elle montre une autre facette de son talent après les Millenium. L'irrespect des personnages atteint son apogée avec Mycroft Holmes (Stephen Fry), qui passe plus de temps nu qu'à montrer qu'il est un asocial et éminent membre du gouvernement anglais mais surtout le Professeur Moriarty (Jared Harris), complétement ridicule et jamais crédible. Sans aucun charisme, l'acteur ne parvient jamais à montrer la froideur et la réflexion nécessaire au personnage. Sa confrontation finale avec Holmes est largement décevante tant elle est basique, facile et prévisible.


"Eh Holmsy, on se fait une partie de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette?""


En massacrant ses personnages, en ruinant son scénario qui ne devait contenir que 5 pages vu le développement de l'histoire (mais quel est le fil conducteur d'ailleurs? Ah oui, il n'y en a pas, ce n'est qu'un gros mélange de fausses intrigues avec un fond prétendument intellectuel), en remplissant son film d'explosions et d'effets spéciaux en tout genre, Ritchie a définitivement raté son but. Le renouveau sympathique du premier se transforme en marasme beauf et vulgaire, jamais palpitant, jamais proprement rythmé.

Certes, la complicité entre Law et Downey Jr reste présente, les décors/costumes toujours autant travaillés et la musique de Zimmer envoûtante par son intonation slave, mais le fond de l'histoire est plus blockbuster que Holmes. Ceux qui n'ont pas lu les livres apprécieront quand même, ceux qui les ont lu auront le droit de sortir avec un air affligé.


Ritchie, tu as ruiné le mythe Sherlock, voilà ce que je te réserve.


Malheureusement pour Ritchie, la série "Sherlock" de la BBC a débarqué entre temps. Avec des personnages extrêmement fidèles, des acteurs brillants et des aventures de Holmes magnifiquement adaptées et filmées malgré leur modernisation, c'est la vraie réussite en matière d'adaptation. Tournez vous plutôt vers celle-ci que vers ce blockbuster médiocre, qui n'a de "Sherlock Holmes" que le nom.

Désolée Mr Ritchie, mais n'est pas Steven Moffat et Mark Gatiss qui veut...


Vous cherchez la meilleure série jamais tournée? C'est ici.

samedi 19 novembre 2011

I'LL BE BACK.

Comme le dit le titre, non je n'ai pas complétement abandonné ce blog!

Chers lecteurs (si vous n'avez pas tous déserté), je dois vous avouer que j'ai cette année la charge de trois jeunes allemands débordant d'énergie, ce qui me laisse malheureusement moins de temps pour blablater ici.

Je n'abandonne sûrement pas la place, puisque je tiens à rattraper mon retard et je vous parlerai bientôt du nanardesque Les Trois Mousquetaires 3D, de Contagion qui nous rend malades d'ennui, du merveilleux Tintin et du retour de Spielberg aux films familiaux, du dvd de Scream 4, du dvd de Never Let me Go, du nouveau Cronenberg et de Saint, le film avec un St Nicolas qui trucide des gosses.

Et si tout ça ne vous donne pas envie de rester sur le coup, je ne peux rien faire pour vous.
Stay tuned et à très vite!

samedi 1 octobre 2011

Easy A et Friends with Benefits de Will Gluck

Si l'on devait choisir un réalisateur capable de faire remonter le capital sympathie des comédies américaines, aujourd'hui, ce serait Will Gluck.

Un ton en apparence léger, en réalité plutôt acerbe, de bons acteurs, des histoires à l'air banal mais pourtant remarquablement bien tournées, sans jamais ennuyer le spectateur (et croyez moi, c'est un fait rare dans les comédies romantiques ou celles pour ados).




Easy A était son deuxième film, et malheureusement, n'a bénéficié que d'une sortie vidéo en France. En apparence, une comédie pour ado banale.

Suite à un malentendu sur un rendez-vous qui a plutôt mal tourné, Olive, une lycéenne complétement banale, se voit cataloguée "garce en chef" par tous les autres élèves. Mais plutôt que de faire profil bas, elle décide de s'en faire une gloire, et d'aider tous les jeunes hommes catalogués "Losers" à se créer une nouvelle réputation de Dom Juan.

Heureusement pour nous, Will Gluck n'est pas un manche et sait s'entourer. Le point fort d'Easy A n'est donc pas son pitch initial mais surtout son actrice principale: Emma Stone. Avez-vous déjà vu une fille aussi cool qu'elle? Personnellement, elle fait partie de ces actrices avec qui j'ai envie de boire un frappuccino Starbucks tout en discutant des derniers potins people. Elle est drôle, naturelle, a une voix qui détonne, et le personnage d'Olive lui va comme un gant. Depuis Zombieland, sa popularité monte en flèche, et elle est la seule raison qui me poussera à aller voir le reboot de Spider-man (COMMENT AVEZ-VOUS OSE PASSER APRES SAM RAIMI, VILS PRODUCTEURS).
C'est simple, mettez Blake Lively à sa place, et tout le monde aurait roupillé au bout de dix minutes (et même peut-être moins).

Nous avons donc droit au festival Emma Stone pendant 1h30. Certains le déploreront, d'autres applaudiront à deux mains, mais l'on peut toujours reconnaitre à Easy A le dépoussiérage de cette catégorie de films, comme "Mean Girls" l'avait fait à l'époque où Lindsay Lohan ne ressemblait pas encore à un poulpe avarié.
Il est toujours agréable de ne pas se sentir pris pour un jambon, et les petites piques ironiques lancées aux clichés des comédies adolescentes, la critique des lycées américains, le tout mêlé à la reprise générale du déroulement de "La Lettre Ecarlate" de Nathaniel Hawthorne (merci la fac d'anglais qui pour une fois est utile et me permet de frimer sur un auteur américain), nous font passer un excellent moment, à la fois drôle et pertinent.

C'est léger, c'est fun, c'est bien, c'est beau, c'est Bosch (ah non, pardon) et ça a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. Bref, c'est à rattraper en dvd très vite.




"Friends with Benefits", rebaptisé "Sexe entre amis" en VF (mais où vont-ils chercher tout ça?), avait pour ambition de donner un peu de piquant à la comédie romantique.

Pour Jamie (Mila Kunis) et Dylan (Justin Timberlake), l'amour avec un grand A est difficile à trouver. Peu importe, ils décident d'en profiter et ne baser leurs relations que sur le sexe. Lorsqu'ils se rencontrent, ils se découvrent de nombreux points communs et décident d'être amis tout en ayant des relations strictement physiques, sans sentiments. Bien évidemment, le destin va s'en mêler et bon, a-t-on vraiment besoin de vous expliquer la suite?

Après le réussi "Easy A" et une bande-annonce plutôt sympathique, on pouvait attendre de "Friends with benefits" qu'il nous donne la pêche, tout en se moquant gentiment des codes du genre.

Certes, nous avons le droit à une scène où l'on se moque des comédies romantiques adulées par les filles, mais peu d'autres choses qui changent des codes habituels. La première partie est plutôt drôle et bien trouvée mais le film tombe malheureusement dans le mélo par la suite.
Cependant, on passe un très bon moment, grâce à une bande d'acteurs sympathiques, Mila Kunis en tête, toujours aussi irrésistible mais avec un Justin Timberlake qui se contente du minimum syndical requis pour ce genre d'histoires. On retrouve aussi avec plaisir Emma Stone (elle est TELLEMENT cool, mais je l'ai déjà dit) et surtout Woody Harrelson, en gay déjanté, toujours aussi génial que dans Zombieland.
Les gags restent bon enfant sans être trop lourds, et certaines situations, même si elles ont un goût de déjà vu indiscutable, restent très touchantes, notamment celles avec le père de Dylan. Malheureusement, l'approche choisie reste très classique et beaucoup pourront comparer le récit général avec le récent "Sex Friends" (où Natalie Portman et le grand niaiseux Kutcher nous jouaient aussi, en beaucoup plus mauvais, les deux amis amoureux).

En résumé, Will Gluck nous offre pour son troisième film une comédie romantique sympathique, mais un peu décevante par rapport à son thème. Les plans des fesses de ses deux acteurs principaux ne suffisent pas à épicer suffisamment l'histoire générale pour nous donner l'impression de quelque chose de nouveau et il faudra voir son prochain film pour juger si le bonhomme peut encore rebondir et nous offrir des petites pépites telles qu'Easy A.

dimanche 4 septembre 2011

Destination Finale 5 de Steven Quale



Si l'on faisait la liste des sagas horrifiques interminables, il est certain que les "Destination Finale" figureraient en très bonne place.

Le scenario? Tout le monde le connait déjà: un groupe de personnes meurt dans un terrible accident. Fausse alerte, ce n'est qu'une prémonition. Le groupe est sauvé par celui qui a eu la révélation, mais malheureusement pas pour longtemps. La mort n'est pas contente d'avoir laissé passer cette occasion et va les pourchasser pour tous les trucider de manières les plus farfelues les unes que les autres.

Si les deux premiers films étaient assez intéressants dans le développement des personnages et dans l'explication du "plan" de la mort, la saga s'est rapidement vue réduite à une accumulation de morts toutes plus originales (et marquantes) les unes que les autres, avec des scènes plus que cultes.
Si l'on se rappelle assez peu des noms des personnages, leurs morts, elles, restent inoubliables, pour le plus grand plaisir des spectateurs avides de scènes morbides, certes, mais aussi profondément comiques.
Difficile d'oublier la mort burlesque (pas le film avec Cher et Aguilera hein) du professeur Lewton après un incroyable parcours dans sa cuisine, Evan le ringard qui pense déjouer la mort mais finira les yeux transpercés par son escalier de secours ou encore les deux bimbos grillées par l'abus d'UV et bien d'autres. Certains diront que si l'on va voir ces films, c'est pour voir les personnages y passer, point.

Un concept devenant de plus en plus réducteur au fil des épisodes, et ce cinquième volet n'échappe pas à la règle. Si les mises à mort originales sont encore une fois au rendez-vous, la sensation de déjà vu n'est que trop présente, ce qui enlève une partie du plaisir au visionnage. Les mises à mort sont trop appuyées, trop attendues pour provoquer la surprise, la faute à une réalisation trop insistante sur les petits détails. Particulièrement réussie sur certains volets de la saga, ici cette insistance est beaucoup trop lourde pour provoquer une véritable attente chez le spectateur. La faute revient aussi à la plupart des secondes rôles, jamais attachants, très peu exploités, qui nous font espérer qu'ils y passent au plus vite plutôt qu'ils restent en vie.

Cependant, même si le manque de surprise et de développement des personnages est parfois pesant, Destination Finale 5 reste un divertissement convenable, particulièrement pour sa scène d'ouverture et son accident sur le pont, gigantesque et impressionnant, mais aussi pour certaines scènes véritablement sadiques (l'acupuncture, l'opération au laser) qui finiront très certainement dans les morts les plus marquantes de la série.


Ne me parlez plus jamais d'une opération au laser pour corriger ma myopie, merci, bonsoir.


De même, si les trois quarts du film restent sur le même principe que les quatres précédents, les dernières vingt minutes amènent un concept inédit qui n'avait été qu'esquissé auparavant. La règle "tuer ou être tué" innove quelque peu et la course poursuite dans la cuisine nous donne un petit moment de suspense, agréable bien que trop convenu. Quant au clin d'oeil final, sympathique pour les fans, il donne l'impression que la boucle est enfin bouclée, sans beaucoup d'explications supplémentaires mais qui montre une certaine logique dans l'histoire de la saga.

La fin de Destination Finale? Quale parle déjà d'une suite si ce cinquième film marche au box office. Et comme les résultats sont corrects...


En résumé, Destination Finale 5 reste sympathique si l'on cherche un divertissement morbide et si l'on est déjà amateur de la saga. Pour ceux qui n'ont encore jamais vu un seul épisode(mais sur quelle planète vivez-vous?), préférez les deux premiers volets. Tout aussi dingues, mais avec des personnages plus développés et un scenario plus correct.

dimanche 28 août 2011

"Cowboys and Aliens" de Jon Favreau



Dans la série des concepts les plus improbables du cinéma, le concept de "Cowboys and Aliens" pourrait figurer en très bonne place et honnêtement, il le mérite. C'est quand même pas tous les jours qu'on nous propose une grosse fight bien beauf entre un groupe de cowboys et une bande d'extraterrestres bien dégueus.

Sur le papier (et papier il y a puisque le film est une adaptation d'un comic) l'idée est alléchante, surtout lorsqu'on ajoute au projet des acteurs pas trop inconnus pour les rôles principaux, un Jon Favreau désormais nommé réalisateur de tous les projets friqués faussement cool (coucou Iron Man 2!), le tout multiplié par un budget de 165 millions de dollars.
Malheureusement, malgré les promesses faites par le réalisateur, et son insistance pour montrer que le projet tenait debout et méritait encore plus le respect pour son non-utilisation de la 3D (merci mon dieu), "Cowboys and Aliens" est une déception amère mais sans contestation possible.

Tout partait pourtant d'une bonne idée: un homme (Daniel Craig), se réveille seul dans le désert, sans aucun souvenir de ce qui lui est arrivé auparavant. Le bougre se fait attaquer direct, ça réveille, leur savate tous la tronche (normal, c'est James Bond) et tombe sur une ville paumée. Pas le temps de trop savourer l'ambiance du coin, la voilà qui se fait attaquer par des vaisseaux extraterrestres et les habitants veulent venger leurs disparus. Et puis... Euh et puis plus rien en fait.

Cinq scénaristes, trois adaptateurs et le néant. Voilà un bon résumé de la suite du film. Sur 1h50, nous comptons donc 25 minutes de prétendu scénario. La suite n'est qu'une succession de clichés piochés dans les westerns, très peu dans ceux d'aliens et d'un nombre d'incohérences assez impressionnant. Pourquoi les aliens sont-ils ici? Pourquoi les "cowboys" ne sont-ils pas réellement surpris quand ils débarquent? Pourquoi le héros principal, qui est censé être amnésique, est capable de retrouver sa maison AU MILIEU DU DESERT? A quoi sert Olivia Wilde, surtout si elle ne porte aucune combinaison moulante et ne montre pas un bout de fesse? Je vous épargne la suite.

Les personnages sont trop peu soulignés, jamais attachants, la faute à une absence de développement mais aussi au jeu des acteurs, plus monofacial (?) tu meurs, avec en tête Daniel Craig, toujours aussi constipé et Olivia Wilde, toujours aussi cruche. Non seulement son personnage est d'une inutilité consternante mais son regard de vache morte, présent dans chacun de ses rôles, est de plus en plus insupportable. Quant à Harrison Ford, Sam Rockwell et autres Keith Carradine, ils sont trop sous-exploités et mièvres pour donner du goût à l'ensemble.

Les effets spéciaux ne sont pas particulièrement mauvais, mais avec un tel budget, semblent risibles. Les aliens ne sont pas très originaux, ni effrayants et reprennent les concepts les plus éculés du genre sans jamais étonner le spectateur.

Un coup dans l'eau donc, et une déception face à un concept ultra jouissif, qui ne dépasse jamais sa mission de blockbuster ricain, avec son budget, ses stars et son absence évidente de scenario. Même les fesses de Daniel Craig moulées dans son pantalon de cowboy ne suffisent pas à éviter le massacre (et c'est bien dommage).

En somme, un film d'été: vite regardé et vite oublié.

En résumé:
(C'est pas de moi, j'avoue, mais je l'ai trouvé sur le forum de mad movies, donc pas d'auteur potentiel pour le copyright, qu'on me jette des pierres s'il le faut)

lundi 27 juin 2011

Triangle de Christopher Smith



Rares sont les films de genre qui innovent ces derniers temps et lorsque leurs réalisateurs sont assez doués pour tenter de modifier cette nouvelle mode du "cinéma industriel", on pousse le vice jusqu'à ne pas, ou très peu les distribuer en salles. Christopher Smith est un de ceux-là.

Après le prometteur "Creep", le délirant "Severance" et l'intelligent mais trop peu connu "Black Death", le voici qui frappe à nouveau avec "Triangle", petit chef d'oeuvre qui mélange les genres, entre science fiction, slasher et drame, pour le plus grand plaisir de l'amateur de films de genre. Car ne vous y trompez pas, à l'époque où l'on nous bourre le crâne avec des films français aussi minables que "Low Cost" ou "La Croisière", où les films de ce type sont aussi dénigrés dans notre pays, c'est encore une fois en dvd que l'on peut se procurer ce bijou, pas sur les écrans de cinéma où il aurait mérité sa place.

Prix du meilleur "Direct to video" au festival de Gerardmer cette année, "Triangle" nous livre un début d'histoire déjà vu, mais accrocheur: une bande d'amis décide de partir en virée en mer. Jusqu'ici tout va bien, ou pas, puisque peu de temps après, une tempête éclate, vous connaissez la chanson: le bateau se retourne, et le groupe se retrouve en bien mauvaise posture. Pas pour longtemps, puisqu'ils finissent par monter à bord d'un paquebot abandonné. Abandonné? Ce qu'il va leur arriver par la suite peut permettre d'en douter.



(Là, c'est le moment typique où tu cries à l'héroïne de bouger ses petites fesses sous peine de se faire trucider séance tenante)


En débutant son film à la manière d'un slasher ordinaire, Smith bascule peu à peu vers son but original, afin de perturber le spectateur tout en lui laissant la possibilité de réfléchir à ce qui se déroule sous ses yeux.
S'il est difficile d'en dire plus sans spoiler les points forts du scenario, la construction du récit permet au réalisateur de prendre le contre-pied du film d'horreur pour basculer de la scène typique appartenant au slasher (le massacre du théâtre est assez marquant) à de la science fiction pure. Le film n'aurait d'ailleurs rien de détonnant dans une saison de la Quatrième Dimension, et certaines de ses scènes les plus marquantes (la situation dans laquelle se retrouve Sally à un moment donné)sont bien parties pour devenir cultes.

Remarquablement bien écrit et intelligent, en se plaçant uniquement sous le point de vue de son héroïne, "Triangle" parvient à être émouvant et accessible là où des films comme Inception ou L'Agence et autres Source Code perdent certains de leurs spectateurs par une trop grande complexité d'écriture.

La direction d'acteurs n'est pas en reste puisque Melissa George(qui après les Amityville, 30 jours de nuit ou Turistas se construit une réelle carrière dans les films de genre) est bouleversante, en héroïne pesée par un quotidien difficile et manipulée par le sort qui semble s'acharner sur elle. Après Franke Potente (Creep), Laura Harris (Severance), Smith sait tirer le meilleur de ses actrices pour les pousser à montrer toutes leurs capacités dans des rôles difficiles.

Si l'on ajoute à cela la réalisation efficace, et une photographie impeccable, qui sait jouer avec les contrastes du clair/obscur, tout en donnant un côté sombre et angoissant aux décors, "Triangle" est définitivement l'un des dvds à ne pas rater cette année.

La démonstration même qu'on peut encore faire des films intelligents, sans des montagnes d'argent et surtout avec un talent qui n'est pas gâché au profit de la reconnaissance des grands studios. Avec ce film, sans doute le plus abouti de sa filmographie, Smith montre qu'il reste encore des réalisateurs qui respectent les films de genre, qui aiment leur rendre hommage tout en les renouvelant intelligemment et "Triangle", c'est ce que l'on appelle communément une "claque".

Un classique en puissance, à voir et à revoir, en boucle.

mardi 8 mars 2011

Paul de Greg Mottola



S'il y a bien deux acteurs pour incarner des geeks fans d'extraterrestres, ce sont bien évidemment Simon Pegg et Nick Frost. Les deux camarades n'ayant pas tourné ensemble depuis "Hot Fuzz" d'Edgar Wright, les fans attendaient forcément la réunion des deux énergumènes. Ajoutez à cela le réalisateur de "Supergrave" (dans lequel jouait Michael Cera et ses cheveux parfaits), Greg Mottola, et vous obtiendrez un projet plutôt alléchant et sympathique.


Graeme Willy et Clive Gollings, deux anglais amis depuis leur plus tendre enfance, ont un rêve en commun: celui de participer au Comic Con à San Diego, puis de traverser les Etats-Unis en camping car en passant par tous les endroits les plus emblématiques d'apparitions extraterrestres. Leur voyage entre potes va pourtant tourner au grand délire lorsqu'ils rencontrent Paul, un extraterrestre poursuivi par le gouvernement Américain, qui leur demande de l'aider à rentrer chez lui avant d'être retrouvé par le FBI. C'est le début d'un road trip qui changera leurs vies pour toujours...


Blindé de références toutes plus geek les unes que les autres (et vous savez que chez moi, ce qui est geek est bon à la base), "Paul" est l'exemple type du film qui aurait été parfait... Sous la direction d'Edgar Wright.
Difficile en effet de resister à comparer la performance de Pegg et Frost dans ce film avec celle des précédents.

Si le film commence à merveille, avec la visite du Comic Con, lieu rêvé pour tous ceux intéressés par les jeux vidéos, les comics et autres réjouissances(Pegg + Frost + Comic Con, c'était un peu un fantasme cinématographique pour moi), le petit développement du quotidien entre les deux héros, dès l'apparition de Paul, les choses se gâtent.
Non pas que l'animation du personnage soit ratée, elle est même impressionnante de réalisme au niveau graphique, et particulièrement au niveau du regard. Le problème principal du film vient en fait des gags, beaucoup trop lourds pour être réellement drôles. L'extraterrestre est beaucoup plus exaspérant qu'attachant, avec ses allusions constantes au sexe, à la drogue, et aux blagues plus que limites (Seth Rodgen, qui fait la voix originale, a apparemment beaucoup joué sur ce côté-là, et comme ça fait le deuxième film qu'il manipule à sa guise après "The Green Hornet", il faut avouer que ça commence à être agaçant).
Dès l'apparition du ET nouvelle génération, donc, les insultes en tout genre pleuvent, les clichés aussi, et ce qui aurait pû être pardonné à d'autres au niveau scénaristique ne peut tout simplement pas l'être lorsqu'on observe le travail précédent des deux compères.

Problème de réalisateur? Ou problème de pays tout simplement? L'humour Américain est différent de l'humour Anglais, et ce qui marche d'un côté de l'Atlantique ne marche pas forcément de l'autre. Ici, toute l'impression de parodie-hommage énormément présente dans "Shaun of the dead" et "Hot Fuzz", disparait pour rendre au final un film cliché, qui se moque plus de ses personnages d'ados attardés que de les rendre attachants.
Contrairement à ce qu'on peut lire dans les soi-disant magazines intellectuels, qui bien sûr se délectent en voyant le film, parlent d'une nouvelle preuve de l'hégémonie de la culture geek, "Paul" en est pourtant le contre exemple, et s'attarde plus à la rendre ridicule qu'à la rendre compréhensible aux yeux du public.

Il reste quand même difficile d'en vouloir à Pegg et Frost, car leur interprétation est juste, leurs mimiques toujours aussi drôles (le moment où ils essaient de regarder tout en ayant leurs lampes frontales est énorme), leur amitié toujours aussi apparente. (Oui, je suis incapable de dire uniquement du mal d'eux, ce sont quand même mes acteurs Anglais préférés, bordel)



De vraies têtes de winners, on peut le dire!



Un bon point également pour Jason Bateman, impeccable en agent du FBI coriace, et pour Bill Hader et Joe Lo Truglio, parfaits en duo de flics pathétiques.

"Paul" n'est donc pas du tout mauvais si l'on a en-dessous de 15 ans, mais devient tout de suite moins drôle et plus ennuyeux pour les plus âgés. Le film n'est pas une purge, est agréable à regarder, surtout grâce à ces multiples références et à ses acteurs, mais reste bien en dessous de ce que l'on avait pu espérer.

Pourtant, il faut quand même insister sur le bonheur de revoir les deux geeks les plus attachants de la planète ensembles sur grand écran, plus complices que jamais, et cela ne fait que renforcer l'attente de "World's End", le troisième épisode de la saga "Blood and Ice Cream Trilogy" écrite par Edgar Wright et Simon Pegg! Et là, je peux déjà vous le dire, ce sera énorme. ENORME.



(Vous l'aurez compris, avec toute l'admiration que je porte à Nick Frost et Simon Pegg, je ne peux vraiment pas vous conseiller de ne pas voir le film, car il reste quand même une comédie sympathique, mais si vous en avez l'occasion, regardez-le en version originale. La version française, lamentable, est encore plus absurde par le doublage de Paul réalisé par Philippe Manoeuvre. De quoi vous gâcher toute la séance.

Si le film vous déçoit, ou ne vous plait pas, n'hésitez pas à vous jeter sur "Shaun of the dead" et "Hot Fuzz", parce que ça, c'est du grand art, mes enfants. DU GRAND ART.)

jeudi 17 février 2011

Tron l'héritage de Joseph Kosinski




Sonnez hautbois, résonnez musettes! Le premier blockbuster de l'année est sorti, et il y a du niveau, puisque les studios Disney sont derrière tout ça.

Tron premier du nom ayant fait un bide monumental lors de sa sortie en 1982, pourquoi nous sortir une suite? Eh bien, le film bénéficiant d'un potentiel sympathie assez élevé chez les geeks et autres fanas de technologie, pourquoi ne pas essayer de les appâter avec des effets spéciaux soit disant révolutionnaires et un groupe à la mode aux commandes de la bande originale!

Un budget hallucinant de 150 millions de dollars dont 13 utilisés uniquement pour les costumes, une 3D à la "Avatar", les Daft Punk sur le projet, l'acteur Jeff Bridges et puis l'histoire d'un type qui arrive à entrer dans son propre ordinateur, ça avait l'air plutôt alléchant.

Pourtant, Tron ne parvient jamais à scotcher le spectateur sur place. Reprenant le scénario principal du précédent épisode (Sam, le fils de Flynn, va lui aussi entrer dans le programme pour sauver son père, prisonnier de son propore logiciel), l'histoire ne décolle jamais assez pour passionner, et lorsqu'elle propose des séquences impressionnantes visuellement (la course de moto, la bataille de disques), ce n'est qu'un copier-coller du film précédent.

Bien sûr, on est bien loin des moyens technologiques de 1982, les effets spéciaux sont impressionnants, le jeu créé avec les lumières intéressant, la musique des Daft Punk toujours aussi efficace, seulement, passé la première demi-heure, c'est long. Trop Long.

2h06 de découverte d'un univers soi disant parfait (puisque le but de Sam Flynn était de créer une espèce où les maladies, la vieillesse, les points négatifs de notre société en gros, n'existeraient plus) auraient pu apporter quelque chose de mythique, comme soi disant Avatar l'a fait pour ses fans (je dis bien "ses fans", étant donné que je ne l'ai toujours pas vu et que je ne suis pas prête de le voir). Mais 2h06 de philosophie à deux balles, en plus proclamée par des types en combinaisons ridicules, qui préfèrent cabotiner plutôt que nous donner une théorie plus directe et plus claire sur le sujet, ça donne mal à la tête et ça devient vite lassant.
Sans bien sûr oublier le message moralisateur final, plus bateau tu meurs, qui dit que bon, ok, tu peux te faire plaisir en passant ta vie sur ton ordinateur ou ta console, mais mon gars, la vraie vie, c'est quand même celle dans la forêt, au milieu des arbres et de tout cet oxygène, avec une bonasse à tes côtés.

Quant aux acteurs, ils ne sont pas si mauvais, (et puis, il faut avouer que Garett Hedlund est quand même sacrément bien gaulé, comme Olivia Wilde, même si perso, ça me parle moins), mais les dialogues longs et niaiseux les rendent vite insupportables. Certains vont même devenir cultes tant ils sont lamentables ("Tu veux t'amuser? On va s'amuser!" ouhhhh j'ai peur)
Heureusement, Jeff Bridges est toujours aussi impeccable. Enfin, le "heureusement" se retrouve très vite contrebalancé par les effets spéciaux apportés au visage de l'acteur.
En effet, celui-ci ne devait pas interpréter le seul rôle de Sam Flynn mais aussi celui de son double maléfique, Clu, avec 30 années de moins. Plutôt dur pour l'acteur qui a 61 ans à la base. Aidé par la technologie utilisée dans "L'Etrange Histoire de Benjamin Button", les effets spéciaux restent peu crédibles dès qu'un gros plan montre le bout de son nez. Et si l'on observe attentivement, ça lui fait une sacrée TRONche (haha) à Jeff, sans aucune expression faciale. Allez donc trouver un minimum d'émotion lorsqu'on vous présente un mec dont le visage sent l'artificiel à vingt mètres...


Tron l'héritage se révèle extrêmement décevant d'un point de vue scénaristique et les prises de risque attendues sont finalement minimes. Si les trente premières minutes valent le coup d'oeil, si la bande originale envoie du pâté (sans être exceptionnelle), le reste n'est qu'un amas de dialogues mièvres et inutiles.

A voir uniquement pour le thème global, plutôt intéressant à la base, le logo Disney retouché au tout début du film, les trente premières minutes et les cuisses (et les fesses!) de Garrett Hedlund. Pour le reste, GAME OVER.

mardi 25 janvier 2011

Revues du mois de Janvier

Comme je suis à la bourre dans mes critiques, et que la seule semaine de Janvier où des avants-premières intéressantes étaient organisées, j'ai eu le bonheur d'avoir la grippe, je me rattrape avec quelques critiques courtes, des films que j'ai vu, qui ne sont pas tous forcément mauvais, mais qui ne me donnent quand même pas envie de les défendre sur 100 lignes.




On commence par le très attendu "The Green Hornet" de Michel Gondry, oui, oui "The Green Hornet" en VF, parce que "Le Frelon Vert", ça aurait été moins vendeur. (On traduit "The Hangover" par "Very Bad Trip" mais on garde "The Green Hornet", je tenais juste à le signaler)

Après la mort de son père, Britt Reid (Seth Rogen), plus habitué à faire la fête qu'à diriger un journal, se rend compte que son héritage va lui donner la possibilité de trouver un sens à sa vie et s'associe avec l'un des employés de son père, Kato (Jay Chou), pour lutter contre le crime.

"The Green Hornet", enfin un film à gros budget qui s'assume comme tel.
On peut le voir avec ses potes, autour d'une pizza et de bières. C'est drôle, fun, on ne s'ennuie pas une minute et les effets spéciaux sont plutôt réussis, sans qu'on nous rejoue le coup du film faussement intelligent. Ici, pas de réelle introspection du héros après la perte de son père, il veut juste latter du mafioso.
Les acteurs sont plutôt bons (sauf Cameron Diaz mais ce n'est pas une découverte), Jay Chou déchire sa race, ça fait toujours plaisir de voir un caméo de James Franco et la bande originale colle à merveille avec le rythme du film.

Seul regret? Pas de réelle prises de risque de la part d'un Gondry bridé par Seth Rogen, plus porté sur la comédie que la poésie.






Love et autres drogues d'Edward Zwick.

New York, années 90. Jamie (Jake Gyllenhaal) utilise le charme qu'il possède pour devenir commercial dans une entreprise de médicaments. Son boulot? Vendre le plus possible d'antidépresseurs, puis de viagra. Mais hélas, son charme ne marche pas sur Maggie (Anne Hathaway), une jeune artiste qui refuse de s'engager car elle possède un terrible secret (pause pour le suspense): elle est atteinte de la maladie de Parkinson et refuse de faire des projets qu'elle pourrait ne pas réaliser un jour.

Ouh que c'est mauvais, mauvais, mauvais. Si l'on pouvait espérer une comédie romantique qui changerait les codes du genre, en y introduisant une maladie chronique, les espoirs restent vains.

C'est long, prévisible, et même pas drôle, le seul point positif étant de voir Jake Gyllenhaal nu toutes les cinq minutes (messieurs, soyez rassurés, Anne Hathaway en fait de même), on se demande même à la fin si l'on ne voit pas plus ses fesses que son visage à l'écran (quoique, vu comment il joue, sur le coup, c'est peut-être pas plus mal).
Zwick voudrait dénoncer le business de l'industrie pharmaceutique, ainsi que la difficulté de vivre avec quelqu'un de malade, et échoue lamentablement.
Dommage, car avec "Going The Distance", la comédie romantique de septembre, on pouvait penser qu'un renouveau se faisait sentir, dans ce genre si éculé.
Eh bien, non, merci, bonsoir. (Et c'est pas avec "Sex Friends" que ça va aller mieux)

Alors si l'on arrive même plus à rigoler un peu et passer du bon temps devant ce genre de plaisirs coupables, où va le monde, je vous le demande.





Last Night de Massy Tadjedin.


Joanna (Keira Knightley) et Michael (Sam Worthington) sont deux bobos New Yorkais amoureux qui s'aiment d'amour. Mais voilà, qu'un soir, lors d'une soirée de travail, Joanna s'aperçoit que Michael est particulièrement intéressé par sa collègue de travail aux formes généreuses, Laura (Eva Mendès). Horreur, malheur, l'homme part le lendemain en déplacement professionnel avec la sexy damoiselle. Pendant ce temps, Joanna retrouve par hasard Alex (Guillaume Canet), l'ancien amour de sa vie.
Nuit de tous les dangers pour le couple. Que va-t-il se passer? L'un des deux va-t-il succomber? Suspense...


Si "Last Night" tente de marcher dans les traces de "Closer", il ne parvient jamais à retrouver sa profondeur caractéristique, et surtout, l'érotisme de sa mise en scène.

Pourtant, le début, lors du cocktail de travail, laisse entrevoir la possibilité d'une étude réelle sur les problèmes de couple. Les différents enjeux sont en place, les traits de caractère des personnages principaux esquissés, une attente est définitivement mise en place.
Et c'est lors du départ de Michael que tout s'effondre. Au lieu de nous développer une réelle problématique, en jouant sur le côté sensuel des relations entre les deux nouveaux couples, Massy Tadjedin préfère se tourner vers une mise en scène plus réfléchie mais qui devient également plus froide. Impossible alors de s'identifier aux personnages, trop compliqués pour certains, et beaucoup trop simples pour d'autres.
Si Keira Knightley illumine chaque scène où elle apparait, le reste du casting est trop peu présent pour avoir sa chance. Sam Worthington est un vilain mari qui veut tromper sa femme (dans le genre ultra féministe et moralisateur, le film est un must), Eva Mendes a de belles fesses et Guillaume Canet n'a pratiquement qu'une seule expression faciale durant une heure et quarante-cinq minutes.

Difficile alors de s'intéresser réellement à l'histoire, où la seule question qui nous vient en tête est "EST-CE QUE VOUS ALLEZ PECHO OUI OU NON?".
Dommage, car les bases du scénario, plutôt séduisantes, se retrouvent rapidement embourbées dans un développement frigide et des dialogues interminables.

La solution pour le spectateur? Abandonner cet essai raté et regarder à nouveau "Closer". Le scénario est meilleur, les acteurs aussi, et en plus, il y a du sexe.
Que demander de plus?






Rien à Déclarer de Dany Boon.

1er Janvier 1993 et passage à l'Europe pour deux postes de douaniers franco-belges. Ruben Vandevoorde (Benoît Poelvoorde), douanier qui ne supporte pas les "non-belges" va devoir travailler en équipe avec un Français, Mathias Ducatel (Dany Boon). Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que ce dernier est aussi l'amant de sa soeur et qu'il a l'attention de l'épouser...

Il est toujours un peu facile de cracher sur Dany Boon, et bien sûr, les critiques s'en donnent à coeur joie lorsqu'il s'agit d'enterrer les bonnes vieilles comédies françaises.
Bien sûr, "Rien à Déclarer" n'est pas un chef d'oeuvre, n'est pas un film très réfléchi, mais après tout, quand on achète une place pour ce genre de films, on sait très bien ce que l'on va voir à la base. Il est toujours amusant de lire des critiques se plaindre des gags parfois (même beaucoup ici) lourds, et peu recherchés. MAIS LES MECS, on est pas chez Judd Apatow, réveillez-vous!

Les acteurs ne sont pas si mal, le duo Karine Viard et François Damiens fonctionne, même si l'on a connu notre François L'Embrouille plus en forme dans "Dikkenek" et "L'Arnacoeur", et Benoit Poelvoorde était le seul à pouvoir assumer le rôle d'un tel emmerdeur. Le seul vrai bémol revenant à Julie Bernard, la soeur de Vandevoorde, qui ne parvient jamais à suivre le reste de ses interlocuteurs.

Si l'on garde en tête que "Rien à Déclarer" est une comédie sympathique, accessible à toute la famille, avec un goût pour l'absurde et le grotesque que le réalisateur est le seul à utiliser actuellement, le but est parfaitement atteint, avec une sincérité toujours aussi présente que dans les films précédents.

En effet, il est assez rare de voir des films que toute la famille, du plus petit au plus âgé, peut apprécier, et s'il faut que ce genre de films soient emmenés par Dany Boon, autant accepter sans trop rechigner.

Certes, il est toujours un peu douloureux de voir le public passer à côté de petits bijoux comme "Black Swan" ou "Le Discours d'un roi" mais ça vaut peut-être toujours mieux qu'un rejet en bloc du "septième art".

vendredi 14 janvier 2011

Black Swan de Darren Aronofsky



Après un mois de Décembre plutôt pauvre en sorties intéressantes, cette année 2011 s'avére particulièrement intéressante. Elle l'est encore plus quand elle débute par une claque visuelle monumentale, une réussite tellement impressionnante qu'elle sera difficile à dépasser par la suite.
Après "The Wrestler" et la résurrection de Mickey Rourke, Aronofsky nous montre un deuxième combat physique personnel, celui de la danse classique. Si certains pensent que les deux milieux sont différents, ils se révélent plutôt semblables dans l'aspect psychologique et physique de ces personnes, prêtes à se transcender pour leurs arts respectifs.

Ce dépassement de soi est justement le thème principal de "Black Swan". Jusqu'où peut-on aller pour atteindre la perfection? Un film sur une discipline aussi exigeante que le ballet était l'occasion unique de développer ce thème.


Nina (Natalie Portman) est danseuse au New York City Ballet et vient tout juste d'être choisie comme danseuse principale du célèbre "Le Lac des Cygnes". Troublée par son professeur, Thomas (Vincent Cassel), elle va bientôt rencontrer la séduisante Lily (Mila Kunis). Son chorégraphe lui reprochant son manque de sensualité pour le rôle d'Odile, le cygne noir, Nina va être poussée à l'extrême pour se découvrir, afin de ne pas abandonner le rôle sa rivale.


Rivalités, folie, persécution, une exigence telle qu'elle pousse à la folie, les thèmes sont multiples mais tous aussi frappants les uns que les autres.
"Black Swan" envoûte par sa mise en scène serrée, au plus près des acteurs, afin de recueillir leurs émotions les plus intimes. L'innocente Nina, va devoir se surpasser pour réussir à interpréter deux des rôles les plus opposés qui existent en supportant une mère omniprésente, sa frustration sexuelle et son physique malmené, les remarques de son professeur, la rivalité avec Lily,rien que ça.
Cette quête de la perfection va l'emmener dans une introspection destructrice, une transformation dont elle pourrait ne pas ressortir indemne. Tantôt (en vrai, j'ai 85 ans) fragile et vulnérable, tantôt mystérieuse et inquiétante, le jeu entre les deux personnages va tellement loin que le spectateur, pris dans la toile, ne pourra en sortir qu'au bout du final majestueux et époustouflant. Un final qui vous prend aux tripes, vous donne les larmes aux yeux tant il est puissant et exceptionnel. Car si le film touche autant, c'est grâce à la réorchestration magistrale de la musique de Tchaïkovsky mais aussi grâce à la maitrise impressionnante du réalisateur lors de chaque scène. Ne vous attendez pas à voir le ballet en entier, son choix et de rester au plus près des acteurs, pour montrer la véritable performance et non ce qu'elle parait vue du public. Plus que l'étude de la folie, c'est véritablement l'étude de la recherche de la perfection qui est sous-entendue ici.

Cette étude du dépassement, tellement brutal dans un art aussi poussé et difficile que le ballet, est appuyée par l'interprétation de Natalie Portman, époustouflante, qui nous donne ici le meilleur rôle qu'elle ait tenu depuis bien longtemps. Sa préparation intensive, est véritablement impressionnante, car elle n'est presque pas doublée dans les scènes de danse. Son entrainement ayant débuté un an avant le tournage, avec plus de cinq heures d'entrainement par jour, on ne pouvait qu'espérer une performance à la hauteur de son talent, définitivement dévoilé au grand jour, après les réussites "Closer" et "V pour Vendetta". La duplicité de son personnage, est exploitée dans un crescendo impressionnant, jusqu'à la représentation, qui réunit toutes les identités qu'elle peut avoir: est-elle toujours Nina, sa jumelle maléfique, le cygne blanc, le cygne noir ou tout à la fois? Les nombreuses utilisations des miroirs sont judicieuses et ne cessent de questionner le spectateur sur la véritable identité du personnage principal.



Mais dites donc Monsieur, c'est une petite allusion à notre cher Dario Argento, ça non?


Le reste du casting est impeccable lui aussi, avec une Mila Kunis, qui fait du Mila Kunis, et ici, ça lui réussit relativement bien. Son personnage de Lily est sensuel (j'en connais qui vont apprécier une certaine scène entre elle et Madame Portman), troublant et effrayant à la fois, un parfait cygne noir en l'occurence dont la rivalité est utilisée par le chorégraphe, Thomas, pour arriver à ses fins. Parfait dans ce rôle de manipulateur, Vincent Cassel ne surjoue pas (fait assez rare pour être signalé), et devient de plus en plus glaçant au fil de l'action.

Cauchemardesque, délicieusement noir, envoûtant, dément, "Black Swan" entraine son public dans un tourbillon d'émotions dont il n'est pas prêt de se remettre. Une réussite exceptionnelle, qui dépasse de loin celles de l'année dernière, tellement elle est puissante et possédante, et magnifiée par ce final d'une intensité épuisante.

A la sortie, une seule impression: la perfection que Nina voulait atteindre en dansant (la désormais phrase culte "I was perfect"), Darren Aranofsky l'a atteinte avec ce chef d'oeuvre.



(Et en bonus, l'affiche Japonaise, qui est plus que magnifique elle aussi)

mercredi 12 janvier 2011

Somewhere de Sofia Coppola



Sacré Lion D'Or à la dernière Mostra de Venise, "Somewhere" était LE film le plus attendu de ce début janvier. On cessait de nous répéter partout qu'il était le film le plus abouti de la réalisatrice. Le plus abouti peut-être, mais surtout le plus chiant.
Oublié le charme de "Lost In Translation" ou de "Marie-Antoinette". En reprenant un sujet qu'elle a mainte fois (Trop?) développé, Sofia Coppola se caricature et finalement, perd tout intérêt.

Le scénario? Simplifié à l'extrême.

Johnny Marco (le revenant Stephen Dorff), acteur à la mode, vit au célèbre Château Marmont à Los Angeles. Plutôt porté sur l'alcool et les femmes, il va devoir revoir ses priorités lorsqu'il doit s'occuper de sa fille de 11 ans, Cleo (Elle Fanning).

Autobiographie, désir de révéler au monde la relation chaotique qu'elle a entretenu avec son père? La question est finalement inutile, autant que le fait de chercher une trace de scénario. Ce n'est pas que le film est mal réalisé, on peut sentir la maitrise remarquable dont la réalisatrice fait preuve tout au long du film, le travail qui réside dans chaque plan, et même les sentiments qu'elle a voulu faire passer.
Encore une fois, elle prend un personnage pour nous montrer l'ennui qu'il ressent dans sa vie. La fois de trop? Certaines scènes paraissent se répéter au fil de ses films, par exemple le problème de la langue transposé en Italie au lieu du Japon. Si le personnage s'ennuie, le spectateur peut tout à fait le comprendre... Il lui arrive exactement la même chose! Si l'intention de la réalisatrice était de nous montrer ce qu'était l'ennui, le vrai, alors elle a parfaitement réussi, car il ne se passe strictement rien.

Certes, les acteurs sont fantastiques. Stephen Dorff est parfait en acteur désabusé, Elle Fanning, LA révélation (décidément, cette famille assure), est rayonnante, mais cela ne suffit pas à donner du rythme aux scènes, qui se succèdent sans jamais trouver un dynamisme.
La photographie, gérée par Harris Savides ("Elephant", "Zodiac") est encore une fois magnifique (on retiendra la scène de la piscine, la plus emblématique du film), la bande originale, signée comme à l'habitude par Phoenix, est en accord parfait avec la relation qu'entretiennent les deux protagonistes.

Tout semble réuni pour passer un bon moment mais hélas, le scénario, beaucoup trop faible, ne contient pas la petite étincelle qui faisait réfléchir, et rendait le spectateur profondément marqué, comme dans les films précédents.
Il était difficile de se remettre de "The Virgin Suicides", tant le film était chargé de mélancolie, il est difficile de se remettre de "Somewhere", car on a l'impression d'avoir fait une sieste d'1h30.

Si la réalisation est impeccable, "Somewhere" déçoit par sa faiblesse scénaristique. L'année où un certain Quentin Tarantino préside la Mostra, on peut se demander pourquoi avoir récompensé un film aussi ennuyeux alors qu'il a l'habitude des films percutants.
Encore un signe de favoritisme? Une énième déception cinématographique camouflée par les différents festivals? On commence malheureusement à être habitués...

mardi 30 novembre 2010

Scott Pilgrim vs The World d'Edgar Wright



GET READY LES AMIS! La meilleure adaptation de comics depuis bien longtemps débarque demain sur les écrans!

Malgré la distribution lamentable du film sur Rennes, j'ai réussi à le voir, et ne le ratez pas. Oubliez les Harry Potter et les comédies françaises minables, vous aurez bien le temps de les regarder plus tard. Scott Pilgrim passe avant. C'est tout.

Une nouvelle preuve qu'Edgar Wright est un dieu vivant et que le comic est AWESOME. Une mise en scène avant-gardiste, qui exploite à merveille le potentiel du jeu vidéo, une BO explosive, des acteurs attachants. Jetez vous dessus.

(Mon article arrive très vite, mais je devais vous faire parvenir la nouvelle avant de poster un avis détaillé)

dimanche 28 novembre 2010

Raiponce de Byron Howard et Nathan Greno



Si ces derniers temps la mode est aux dessins animés miteux (excepté Pixar bien sûr), avec des blagues plus lourdes les unes que les autres, et un graphisme plutôt banal, il faut se dire que rien n'est perdu et la preuve, le nouveau film d'animation des Studios Disney est une petite merveille. Ce sont les autres studios, Dreamworks en tête, qui vont s'en mordre les doigts! Ils vont enfin s'apercevoir du boulot qu'ils ont à accomplir pour atteindre une telle perfection.

Et pourtant, "Raiponce" revient de loin. En projet depuis bien longtemps, il a été remanié un nombre incalculable de fois et n'avait plus beaucoup d'espoir de sortie. Mais c'était sans compter le talent de Glenn Keane, Byron Howard et Nathan Greno, qui ont réussi à adapter un nouveau conte de Grimm, avec tout le talent qu'on leur connait.

Les bandes-annonces françaises et américaines, plutôt décevantes, laissaient entrevoir un humour à la Dreamworks, assez limite et une histoire inintéressante. Si vous n'avez pas été séduits, je vous conseille la version japonaise. Je suis persuadée qu'après ça, votre jugement aura changé et que vous aurez envie de le voir.


Flynn Rider est le criminel le plus recherché du pays. Un jour, en voulant échapper à la garde royale, il se réfugie en haut d'une tour. Ce qu'il y découvrira changera sa vie pour toujours: une jeune fille, aux cheveux magiques longs de vingt mètres, et qui ne rêve que d'une chose, s'échapper de la tour dont elle est prisonnière pour découvrir le monde. Elle passe alors un marché avec Flynn: il l'amène à la "Fête des Lumières" et elle lui rend son butin. Les voilà partis dans une farandole d'aventures, plus ébouriffantes les unes que les autres.


Avec "Raiponce", leur cinquantième long-métrage, les Studios Disney confirment ce qu'ils avaient débuté avec "La Princesse et la Grenouille": c'est une nouvelle ère pour leurs créations, et si elles sont toutes aussi brillantes, la magie Disney n'a pas fini d'éblouir les yeux des enfants, qu'ils soient petits ou grands. L'animation parfaitement maitrisée nous rend les personnages plus attachants que jamais.

Les personnages principaux et la nouvelle arme de destruction massive: la poêle à frire.


Raiponce est magnifique, l'animation de ses cheveux, la plus grande difficulté du film, est plus que réussie. Portée par la voix mutine de Maeva Meline, qui fait partie de la troupe de Mozart Opéra Rock (si un jour on m'avait dit que je citerais "Mozart Opéra Rock" sur ce blog, je me serais bien marrée), elle est, comme Tiana auparavant, une jeune fille de 18 ans moderne, enjouée, pleine de vie, espiègle mais pas naïve pour autant.
Mais tout classique Disney réclame un "prince" pour la jolie princesse et là aussi, l'évolution du personnage est remarquable. S'il ne fait nulle doute que toutes les petites filles qui sortiront de la salle rêveront de Raiponce et de sa chevelure, cette fois-ci, les scénaristes ont compris qu'il fallait aussi insérer un personnage masculin marquant à ses côtés. Le pari est complétement réussi, puisque Flynn Rider est le plus marquant des princes depuis des années, peut-être parce qu'il n'est pas un réel prince à la base. Son personnage est lui aussi parfaitement drôle et irrésistible, particulièrement lorsqu'il essaie d'impressionner Raiponce pour qu'elle le relache. La version française est une fois de plus remarquable puisque c'est Romain Duris qui fait la voix du jeune homme, et bon, on va pas se mentir hein, la voix de Romain Duris, tout le monde sait à quel point elle est charmeuse et sexy... (SI)
Le duo est quant à lui parfait, et l'on peut être sûrs que Raiponce et Flynn Rider vont finir au panthéon des couples Disney mythiques.

Accompagnés par un caméléon, Pascal, plus mignon tu meurs et un cheval, Maximus, plus fort que tous les chiens policiers qui existent sur cette planète, qui feront rire le public à chacune de leurs apparitions, une Mère Gothel (la femme qui retient Raiponce prisonnière, interprétée par Isabelle Adjani) hypocrite et mielleuse à souhait et une bande de vikings complétement allumés, les aventures de Raiponce vont vous scotcher, vous faire rire sans jamais tomber dans la lourdeur, en jouant avec vos émotions jusqu'à un final émouvant et attendrissant (la scène des lanternes est définitivement l'une des plus réussies de ces dernières années).
Certes, le scénario pourra paraitre simpliste pour certains, mais on est quand même chez Disney, pas chez Christopher Nolan, alors mettez votre côté cynique de côté, svp!


Allez, dites-le: vous voulez un caméléon pour Noël maintenant.


Si l'on ajoute à la réussite graphique, la réussite musicale (en particulier la scène où Raiponce fait danser toute le village avec elle), puisque c'est un certain Alan Menken qui est aux manettes pour la bande originale ("Le Roi Lion", "Aladin", "la Belle et la Bête" ou encore "La Petite Sirène", ça vous dit quelque chose?) , il ne fait nulle doute que "Raiponce" entre dans la catégorie des Grands Classiques Disney.


Chaque Noël, les Studios Disney nous émerveillent avec un long-métrage, il ne reste plus qu'à attendre l'année prochaine avec impatience. Et en attendant, à voir et revoir "Raiponce" au cinéma.

mercredi 24 novembre 2010

Harry Potter et les Reliques de la Mort de David Yates



ET QUI C'EST QUI NOUS POND UNE NOUVELLE ADAPTATION AUSSI UTILE QUE MA CHAUSSETTE QUAND JE PORTE DES TONGS? C'est David Yates, les enfants!
Quand cessera-t-on de ruiner les franchises, là est la question.


Cette fois-ci, la fin est proche. Voldemort est à la recherche d'Harry Potter, et compte bien le retrouver. Il n'y a plus aucun endroit sûr, plus personne à qui faire confiance, il ne reste plus qu'à trouver les Horcruxes, des objets que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a utilisé pour y dissimuler des parties de son âme (et là, j'vous le fais rapide, sans les détails), et les détruire. Harry réussira-t-il? Ou assistera-t-il à la mort de tous ceux qu'ils aiment? Suspense.


Il y avait pourtant un petit espoir. Des premières images alléchantes, une promo parfaitement gérée (et n'allez pas dire que je crache sur le petit sorcier, je le lis depuis que j'ai 7 ans, et j'ai même participé activement au concours "Harry Potter dans ta ville"), les producteurs savent comment nous faire baver d'impatience.
Ainsi, les premières minutes du film sont particulièrement alléchantes. On retrouve tous nos personnages fétiches en dehors du trio principal, les jumeaux Weasley en tête. Ajoutez à cela quelques blagues, quelques tours de magie et une course-poursuite fracassante, vous obtenez quelque chose d'intéressant. C'est même à se demander si le réalisateur a enfin compris ce qui nous attirait dans la saga. Certes, il reste des incohérences flagrantes au niveau de l'adaptation, des scènes qui tombent comme un cheveu sur la soupe (oui, j'ai 60 ans en vrai), exemple le baiser Harry/Ginny qui vient d'on ne sait où (Chapeau aux spectateurs qui n'ont pas lu les livres s'ils ont vraiment compris le pourquoi de la chose, étant donné que l'idylle n'est absolument pas développée dans le film 6), mais le tout reste agréable à regarder.

C'est à partir de la fuite du trio dans les bois que les choses se gâtent. Trop de blabla, trop de personnages qui regardent dans le vide, car passer ses journées assis sur un tronc d'arbre, c'est plutôt funky moumoute.
Il ne se passe rien. Rien du tout même. Ce qui fait environ 45 minutes de néant total.
Si le livre rendait la tension du triangle amoureux entre Harry, Ron et Hermione palpable, si le stress montait à chaque page, le film ne rend jamais justice au huis-clos de J.K. Rowling.
De même, la relation entre Ron et Hermione, au lieu d'être attachante, devient irrémédiablement lassante par les multiples sous-entendus bien lourds, tout au long du film. Du genre "allez, on fait un bon gros plan pour montrer qu'ils se sont presque touchés la main, histoire de bien faire rager les fans qui n'attendent que le baiser, qui sera bien sûr dans la partie 2". Même quelqu'un d'aussi fêlé que moi, qui aurait presque mis des cierges à l'église pour qu'ils s'embrassent enfin dans les livres, trouve ça lourdingue, donc imaginez le tout venant.
ET CETTE SCENE DE DANSE ENTRE HARRY ET HERMIONE, WHAT THE FUCK? C'est une grosse blague hein, rassurez-moi.

Pourtant les scènes d'action sont plutôt bonnes, portées par un groupe de "méchants" toujours aussi génial, Helena Bonham Carter et Jason Isaacs en tête. L'animation de Nagini, le serpent de Voldemort, est elle aussi parfaite.

Les choix de mise en scène sont assez peu surprenants, on nous refait le coup de la caméra qui court en même temps que l'acteur, ce qui serait original si on ne l'avait pas vu 500 fois cette année, mais la séquence où le conte des Reliques de la Mort est raconté est plutôt surprenante, comme si l'on avait voulu insérer un petit moment de réelle poésie dans un film qui n'est que trop plombé par ses dialogues interminables.


"Fais bisou."


"Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 1" n'est donc pas la grande réussite annoncée. On nous a déjà fait le coup avec la pitoyable adaptation du 6, on nous refera certainement le coup avec "Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 2". Pourquoi avoir fait deux parties? Pour rapporter plus d'argent? Le constat est plutôt clair lorsqu'on ressort de cette partie 1.
Il y avait largement de quoi faire UN SEUL film haletant, dont le rythme n'aurait jamais faibli, en faisant du livre un film de trois heures. La prise de tête dans les bois aurait été beaucoup moins longue et donc beaucoup moins pénible.

En sachant que la fin est prévue pour juillet 2011, on ne peut qu'avoir un petit pincement au coeur. Déjà parce que c'est la fin qu'une saga complétement hallucinante (mon côté fan émue parle là, soyez compréhensifs), qui aura suivi une bonne partie d'entre nous depuis leur enfance, mais aussi parce qu'il y a une sensation très amère lorsqu'on pense que des réalisateurs de talent comme Guillermo Del Toro étaient pressentis pour ces deux derniers volets.

Qu'auraient donné ces deux parties entre les mains d'un Del Toro? On ne le saura jamais et c'est bien dommage.


(Ah et sinon, "Rubber", c'était plus beau que la naissance de mes enfants, je vous chronique ça très vite. Et je veux la robe de cette biatch d'Hermione porte au mariage de Fleur et Bill, donc si quelqu'un a envie de faire une heureuse hein, vous savez qui aller voir.)

mercredi 17 novembre 2010

A Bout Portant de Fred Cavayé



Il y a des films qui vous mettent une bonne claque. Ils sont rares et il faut en profiter quand ils sortent, encore plus lorsqu'ils sont Français. "A Bout Portant" en fait partie.

Samuel (Gilles Lellouche) et Nadia (Elena Anaya) sont heureux. Il est élève infirmier, elle est enceinte de leur premier enfant. Un jour, un homme, Sartet (Roschdy Zem), gravement blessé, est conduit dans le service où travaille Samuel. Le lendemain, Nadia est enlevée sous les yeux de son compagnon. Il a trois heures pour faire sortir Sartet de l'hôpital et échapper à la surveillance policière, ou sa femme mourra.

Fred Cavayé nous avait promis un "film qui va vite tout le temps" et a tenu sa promesse. "A bout portant" est un thriller noir, haletant, dont le suspense joue avec le spectateur du début à la fin. En donnant une émotion brute, sans chercher à embrouiller le spectateur comme les films français habituels, en développant une quête viscérale (un homme qui doit retrouver sa femme enceinte), la réussite est magistrale (et en plus, ça rime).

Le rythme élevé du film ne ralentit jamais, et atteint son paroxysme lors de la course-poursuite dans le métro parisien. Préparez-vous à stresser autant que si vous faisiez partie de la scène, Cavayé vous embarque sans jamais vous lâcher en route, non seulement grâce à une mise en scène soignée, mais aussi grâce à une équipe d'acteurs exceptionnels. Roschdy Zem est parfait, on avait pas vu Gérard Lanvin aussi impressionnant depuis longtemps, Elena Anaya est bouleversante.
Pour le personnage principal, en jouant sur le capital sympathie d'un acteur tel que Gilles Lellouche, qui montre dans ce film une nouvelle facette de son talent, l'empathie est totale.
Chaque scène apporte alors son lot de révélations, aussi bien pour le spectateur que pour le personnage de Samuel, ce qui fait monter l'angoisse petit à petit jusqu'à un final à couper le souffle, aidé par une bande originale orchestrée par Klaus Badelt (un élève de Hans Zimmer, a-t-on besoin d'en dire plus?). On en ressort fatigué psychologiquement mais enchanté d'avoir vu une telle réussite.

"A Bout Portant" est sans conteste l'un des meilleurs films français de l'année et met la barre très haut pour les futurs polars Français. En espérant qu'une telle qualité donnera l'inspiration aux réalisateurs Français, ainsi qu'aux producteurs, pour développer une branche du cinéma très peu considérée en France aujourd'hui.

En attendant, courrez voir le film dès sa sortie le 1er Décembre! C'est à ne surtout pas rater. (Même si vous n'aurez pas tous la chance d'avoir les blagues du réalisateur/des acteurs ou la bise de Gilles Lellouche après le film, niak niak)

mardi 16 novembre 2010

Date Limite de Todd Phillips




Avant de commencer, je dois vous avouer quelque chose qui risque d'entacher le peu d'objectivité de cette critique: je suis complétement dingue de Robert Downey Jr et même s'il a l'âge d'être mon père, j'ai envie d'arracher mes fringues quand il apparait à l'écran. Et je suis dingue de Zach Galifianakis (ou l'homme qui avait un nom que peu de personnes retiennent) et de Todd Phillips depuis "The Hangover" ("Very Bad Trip" pour ceux qui supportent les nom français bidons). Limite je le regarde tous les week-ends si je peux, c'est dire. Bref, voilà, vous êtes prévenus, libre à vous de me retrouver et de me mettre au bûcher si vous vous sentez piégés.


Une chose est sûre, après "Very Bad Trip", et avec un casting aussi génial, Todd Phillips était attendu au tournant. "Date Limite" allait-il être aussi drôle, subversif et décapant? L'ami avait une grosse pression sur les épaules.


"Date Limite" nous raconte donc l'histoire de Peter Highman (Robert Downey Jr), bientôt père de famille, qui a cinq jours pour rentrer chez lui à Los Angeles et assister à l'accouchement de sa femme. Hélas, en prenant l'avion, Peter fait la connaissance d'Ethan Tremblay (Zach Galifianakis), un acteur raté en quête du rôle qui le rendra célèbre. Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu et les deux hommes vont se retrouver compagnons de route pour un road-trip complétement déjanté.


Todd Phillips ne respecte rien, pas même les chiens.
Voilà le plus important à retenir de l'histoire.

Si le film n'arrive jamais à la hauteur de l'excellent "Very Bad Trip", "Date Limite" nous entraine dans un rythme effréné de gags, servis par un duo d'acteurs complices et parfaitement dans le ton. Robert Downey Jr, en ambitieux coincé et colérique, face à Galifianakis en emmerdeur attachant, le mélange est réussi pour nous faire passer un bon moment.

Les gags, parfois trop attendus, parfois trop bourrins, marchent pourtant à merveille et l'on rit du début à la fin, sans temps mort.
Il est toujours assez impressionnant de comparer les comédies françaises et celles américaines. Certes, le budget est différent, pourtant le concept est ici le même que celui du "Diner de Cons" ou de "L'Emmerdeur". Phillips arrive cependant à renouveler ses personnages, les plaçant dans des situations comiques tellement elles sont inextricables (la course poursuite sur l'autoroute avec les Mexicains en est un bon exemple).

Servi par une bande originale toujours aussi excellente, et des paysages magnifiques, puisque l'une des scènes principales se déroule au Grand Canyon, "Date Limite" surprend moins que son prédecesseur, par son côté moins transgressif et ses gags éculés, mais reste toujours aussi agréable à regarder notamment lors des moments complétement absurdes, où les deux personnages principaux essaient, sans succès, de se comprendre mutuellement. Moments où le talent de Robert Downey Jr et Galifianakis déploit toute sa force (Exemple:"Pourquoi les cendres de ton père sont-elles dans une boite à café?" "Parce qu'il est mort, Peter."). Ces dialogues à sens unique sont certainement les moments les plus drôles du film.

On ne s'ennuie pas un seul instant, on se marre bien, on trouve encore une fois un nombre hallucinant de phrases cultes, "Date Limite" est bien LA comédie de fin d'année. Pourtant, en la voyant, on ne peut pas s'empêcher de penser que Phillips a trouvé ici une transition, un moyen de faire patienter les spectateurs pour un "Very Bad Trip 2" énorme.

Le film sera-t-il à la hauteur de nos attentes? Réponse le 8 juin 2011.

Buried de Rodrigo Cortes



Nom d'un vermicelle claustrophobe, RODRIGO CORTES L'A FAIT!
90 minutes sur un type enfermé dans une boite, le tout sans endormir la salle.


Imaginez-vous la scène.
Vous êtes camionneur pour une entreprise Américaine. Votre travail vous a conduit jusqu'en Iraq mais vous n'avez pas pu le refuser, il vous faut cet argent pour assurer le bonheur de votre femme et de votre fils. Un jour, votre convoi est attaqué et quelques heures plus tard, vous vous réveillez, plongé dans le noir le plus total, dans un cercueil, avec pour seuls compagnons un briquet et un téléphone à moitié chargé.


Si le point de départ s'avérait complétement kamikaze, d'autant plus que l'acteur embauché était Ryan Reynolds, dont le seul fait glorieux est d'avoir épousé Scarlett Johansson et d'avoir tourné dans un des remakes les plus nuls du monde, "Amityville", il faut le reconnaitre: Rodrigo Cortes a parfaitement réussi son pari, nous montrant une fois de plus que les espagnols sont passés maîtres en films de genre.

Les premières minutes sont alors véritablement angoissantes, Cortes utilisant remarquablement bien l'alternance entre le noir total et le peu de lumière apporté par le briquet, pour créer une atmosphère quasiment irrespirable.
Amis claustrophobes, nul doute que ces dix premières minutes seront pour vous insoutenables, tellement le sentiment d'apnée est partagé avec le spectateur.

Pourtant, si le début est totalement angoissant, la suite se révèle être beaucoup plus divertissante, et, malgré elle, moins basée sur l'enfermement du personnage. Fallait-il privilégier le côté d'enfermement ou procurer au personnage un moyen de communiquer avec l'extérieur?
En craignant d'ennuyer le spectateur, Cortes a tranché.

Si les retournements de situations sont peut-être trop nombreux et altérent à l'ambiance angoissante du début, l'utilisation du téléphone portable apparait cependant comme l'une des idées les plus brillantes.
Seul moyen de communication avec l'extérieur, il ne fait finalement qu'accentuer la solitude du héros, que personne ne veut ou ne peut aider, ce qui permet au réalisateur de réaliser une critique violente de la société Américaine actuelle. Difficile de donner des exemples sans spoiler le film, le cynisme étant poussé tellement loin que chaque tentative qui s'accompagne d'un échec n'en est que plus frustrante.

Aidé par le jeu exceptionnel de Ryan Reynolds, Cortes réussit un coup de maître avec ce huis-clos haletant, où jamais l'intérêt du spectateur ne faiblit, jusqu'au final magistral, qui en laissera plus d'un cloué au siège.

Ainsi, si l'on peut regretter par moments le choix du scénario, qui a décidé de multiplier les rebondissements à la limite de la crédibilité plutôt que de se focaliser sur l'angoisse du personnage principal , "Buried" reste un très bon divertissement, qui vous tiendra en haleine pendant ses 1h35.

A voir très vite!